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  MONUMENTS INSCRITS ET CLASSÉS:

      ÉGLISE ET CROIX DU CIMETIÈRE - CLASSÉ LE 15 JANVIER 1916

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  DICTIONNAIRE HISTORIQUE ET GÉOGRAPHIQUE DE OGÉE (1778-1780):

DOUARNENEZ ou PLOUARÉ ; petite ville & port de mer ; à 4 lieues au Nord-Ouest de Quimper, son Evêché ; à 42 lieues de Rennes ; & à 2 lieues trois quarts de Pontcroix, sa Subdélégation. Cette Paroisse, qui ressortit au Présidial de Quimper, compte 2900 habitants, y compris ceux de Gourlizon & du Juch, ses treves. La Seigneurie appartient à Mde. de Coigni. Le Juch étoit, jadis, un château dont les possesseurs se sont signalés dans les guerres des onzieme, douzieme, & treizieme siecles. Leur nom est assez connu dans l'histoire. Le bourg de Plouaré, qui fait partie de Douarnenez, & l'Isle Tristan, qui a une haute, moyenne & basse-Justice, qui appartient à M. l'Evêque de Quimper, sont environnés d'un grand nombre de maisons & villages, dont les habitants s'occupent en partie à la pêche de la sardine, que l'on transporte non-seulement dans tout le Royaume, mais encore dans l'Italie, l'Espagne, & le Portugal ; ce qui y attire un grand nombre de marchands de ces différents pays. On y pêche encore le maquereau, qui se trouve en abondance dans la baie de Douarnenez & dans celle de Brest.
L'Eglise de Sainte-Helene est celle où les habitants assistent ordinairement à la Messe, à cause de l'éloigneraent de l'Eglise paroissiale qui est à un tiers de lieue de la ville, située au bord de la baie de son nom, contenant environ trente-neuf mille cinq cents arpents de terrein. Deux grandes routes arrivent à Douarnenez.
Plusieurs historiens, entr'autres Pierre le Baud, prétendent que cette ville étoit l'emplacement de la grande ville d'Is, qui fut submergée, en 444, en punition des crimes & des désordres qui y regnoient. D'autres disent que la ville d'Is étoit située sur le bord de la mer, entre la pointe de Crozon & le Cap de Fontenay, dans un lieu qui fait aujourd'hui partie de la baie de Douarnenez, que cette ville étoit l'ancien Corisopitum de Bretagne, mais qu'il n'est pas prouvé qu'elle ait été ainsi ensevelie sous les flots par un débordement extraordinaire. Ce qui est certain, c'est qu'on remarque, quand la mer est basse, les ruines d'une ville, dont les vieux murs sont appellés, par tradition, murailles des Grecs, Il existoit, jadis, un grand chemin, nommé Nindabes, qui conduisoit de Carhaix à cet endroit. On en voit encore des restes, d'intervalles en intervalles. Il étoit pavé en pierres de taille, & de soixante-dix pieds de largeur. Il passoit de Carhaix à Pouldavi, & de Pouldavi il alloit à la pointe du bec-du-Ratz. Douarnenez est à 13 lieues trois quarts de Carhaix.
En 1593, pendant les guerres de la ligue, les habitants des environs, du parti du Duc de Mercour, s'étoient retirés avec tous leurs effets à Douarnenez ; de sorte que cette ville étoit alors fort riche. Le Capitaine Guengat, ( du parti du Roi, ) qui se tenoit à Brest, projetta de la surprendre par mer, parce que ses habitants ne la gardoient avec soin que du côté de la terre ferme. Dans ce dessein, il demanda à Sourdéac, Gouverneur de Brest, quatre cents hommes de troupes & douze barques, avec lesquels il s'avança vers Douarnenez. Il arriva dans le port deux heures avant le jour, & fit sa descente sans obstacle. Il invertit ensuite la place pour empêcher qu'on ne sortît pour avertir les gens de la campagne ; mais, comme il ne prit pas toutes les précautions nécéssaires, le bruit de son arrivée se répandit promptement dans tous les lieux voisins ; de sorte que, dans le temps qu'il commençoit à piller, les paysans & les habitants réunis se jetterent sur lui, & le pousserent avec tant de vivacité qu'il fut obligé de reculer & même de prendre la fuite. Pour comble de malheur, ses barques s'étoient retirées avec la marée, à l'exception de trois ou quatre qui étoient restées à sec. Guengat en regagna une, qui coula à fond par le grand nombre de ceux qui y entrerent avec lui. La plus grande partie des siens périt par le fer & dans les flots. Guengat, échappé du naufrage & aux ennemis, recueillit les débris de sa flotte, & retourna à brest, où il fut très-mal reçu de Sourdéac. Cette attaque détermina les habitants à bâtir un fort pour la défense de la place. L'an 1595, le même Guengat, qui n'avoit jamais abandonné le dessein de surprendre Douarnenez, alla s'établir dans la petite Isle Tristan, avec un certain nombre de troupes. Il avoit déja amassé quelque butin, lorsque le Capitaine Fontenelle, qui habitoit le château de Cremence depuis qu'il avoit été obligé d'abandonner Corlai, vint surprendre Douarnenez. Guengat, qui se croyoit en sureté dans son poste, fut bien surpris lorsqu'il apperçut Fontenelle qui le prit au lit, s'empara de son butin, & le conduisit, avec sa troupe, au château de Cremence, où il le tint prisonnier. Fontenelle traita les prisonniers de Douarnenez & de l'Isle Tristan avec beaucoup de rigueur, dans l'espérance d'en tirer une plus forte & plus prompte rançon. Il ne tarda pas à revenir à Douarnenez, où il se fortifia. Les paysans des environs, voyant que la garnison de Quimper ne s'oppossoit pas à cet établissement, & ne voulant pas avoir un voisin si incommode, s'attrouperent à dessein de le chasser. Fontenelle, informé de leur projet, se mit en embuscade à quelque distance de la ville, dans un endroit par où ils dévoient passer. Il envoya ensuite douze à quinze Cavaliers voltiger dans une lande située aux environs du Juch. Les paysans ne les eurent pas plutôt apperçus qu'ils se mirent à crier de toutes leurs forces, & à courir après eux sans observer aucun ordre. Les Cavaliers firent semblant d'avoir peur, & se retirerent du côté de l'embuscade. Quand la populace qui les poursuivoit y fut arrivée, Fontenelle sortit, & la chargea avec tant de vigueur qu'il en tua plus de quinze cents. Du Granec, jeune Gentilhomme qui s'étoit mis à la tête de ces paysans pour se venger du pillage que Fontenelle avoit fait dans la maison de son pere, fut fait prisonnier. Cette défaite découragea tellement les habitants de la campagne, que Fontenelle se trouva le maître du pays, dont il tira des contributions considérables à plus de sept lieues à la ronde. Il se retira ensuite dans l'Isle Tristan, où il se fortifia de maniere à pouvoir résister à toutes sortes d'attaques. Il fit démolir les maisons de Douarnenez ; pour achever le fort qu'il faisoit construire dans cette Isle. Il étoit si bien fortifié qu'il étoit impossible de s'en rendre maître autrement que par famine ou trahison. On ne pouvoit y entrer que d'un côté, qui se trouvoit baigné des eaux de la mer à toutes les marées, & d'où l'on voyoit, à six cents pas, tous ceux qui auroient voulu en approcher. Fontenelle, en sureté dans son fort, exerça, pendant trois ans, tant sur mer que sur terre, tous les brigandages dont il étoit capable. Le premier endroit qu'il ravagea fut Penmark. Les habitants du lieu formoient une petite République qui se soucioit peu du secours de ses voisins. Jusques-là, elle avoit repoussé tous ceux qui avoient osé l'attaquer. Fontenelle, plus heureux que les autres, la surprit, fit les habitants prisonniers, & les emmena avec tous leurs effets, par le moyen de deux cents quatre-vingts barques plus ou moins grandes, qu'il fit conduire à son Isle, & desquelles il se servit avec succès, dans la suite, contre un vaisseau Anglais, qu'il prit, & qu'il coula à fond avec tout son équipage, après en avoir enlevé toutes les marchandises qu'il contenoit.
Le Roi Henri IV, informé des ravages & des crimes de ce scélérat, ordonna de faire le procès au Capitaine Dupré, Commandant à Quimper, qui l'avoit laissé tranquillement se fortifier dans l'Isle Tristan. Dupré, pour avoir sa-grâce, promit de L'en chasser, ou de périr dans cette expédition. Le Roi lui pardonna à cette condition, & le fit partir sur le champ pour Quimper. Aussi-tôt qu'il fut arrivé, il prit mille hommes de troupes, avec lesquelles il se rendit à Douarnenez ; &, lorsque la voie qui conduisoit à l'Isle Trillan fut praticable, il y marcha, à la tête de ses troupes, pour attaquer Fontenelle ; mais il fut tué à la premiere décharge, & l'Isle ne fut point prise.
De Sourdéac, Gouverneur de Brest, ne pouvant souffrir plus long-temps les fureurs de ce même Fontenelle, entreprit, à son tour, de le chasser de son Isle. Il prit, pour cet effet, des troupes, & se rendit, accompagné du Baron de Molac, de Kergomar, & de la Tremblay, au château de Keroussi, que Fontenelle avoit enlevé aux habitants de la Paroisse de Penmark. Cette place étoit gardée par une forte garnison, qui demanda à capituler dès qu'elle se vit assiégée avec du canon. De Sourdéac ne voulut rien leur accorder, prit la place d'assaut, passa une partie de la garnison au fil de l'épée, & fit pendre le reste. Après cette défaite, il se rendit, avec ses troupes & son artillerie, à la ville de Douarnenez, où, pendant quarante-deux jours, il s'occupa du siege de l'Isle Tristan, sans pouvoir réussir à l'assiéger dans les formes. Après quelques attaques infructueuses, il abandonna son entreprise, ne sçachant pas que, s'il eût resté seulement quelques jours de plus, la famine auroit contraint les assiégés à se rendre, puisqu'ils n'avoient plus de vivres.
Au mois d'Avril 1596, le Capitaine du Clou, sous prétexte de mettre un frein aux pillages de Fontenelle, se retira avec un corps de troupes dans le château de Ker-quolevant, situé dans le territoire de Douarnenez ; mais ses desseins étoient bien différents ; car il n'agissoit ainsi qu'afin d'être plus à lieu d'avoir avec lui des conférences secretes sur les moyens de prendre Quimper, & de s'enrichir des dépouilles de cette ville. Son projet fut découvert, & Saint-Luc se rendit à Quimper pour lui faire son procès. Du Clou tâcha de s'excuser, & promit, si on vouloit lui pardonner, de livrer Fontenelle. Saint-Luc lui accorda sa demande, & le laissa retourner au château de Ker-quolevant. Dès qu'il y fut arrivé, il écrivit à son complice de le venir trouver secrétement au lieu accoutumé, & de ne se faire suivre que d'un seul domestique, afin de n'être pas découvert. Fontenelle, qui ne se défioit de rien, ne manqua pas de se trouver au rendez-vous, où il fut arrêté par trente hommes armés, qui le conduisirent à Quimper, comme du Clou l'avoit promis. L'an 1599, le fort de Douarnenez & celui de l'Isle Tristan furent démolis par ordre du Roi Henri IV.
Ce Monarque, naturellement bon, pardonna à Fontenelle ; mais, en 1603, il fut accusé d'avoir participé à la conspiration du Maréchal de Biron, qui avoit promis de livrer à l'ennemi plusieurs places de la Bretagne. Comme on ne trouvoit pas de preuves assez fortes pour le condamner à mort, on rappella ses premiers désordres ; on l'accusa d'avoir enlevé une jeune fille, âgée de neuf ans, riche héritiere d'une bonne maison du diocese de Laon, dont il avoit fait sa femme ; d'avoir fait violer, dans une rue de la ville de Pontcroix, la femme de la Ville-Rouault, en présence de cet infortuné, qu'il fit pendre ensuite à la vue de sa malheureuse épouse ; d'avoir fait mourir deux prisonniers de guerre, l'un de faim, & l'autre par une trop grande abondance de nourriture qu'il l'avoit forcé de prendre, pour voir, disoit-il, celui qui mourroit le premier. Ces faits, & autres semblables, bien prouvés, conduisirent Fontenelle à l'échafaud, où il termina publiquement une vie passée dans le crime.
Ce territoire est bien cultivé, très-fertile, & commerçant.

La cure correspond à la ou aux personnes en charge des âmes de la paroisse — La cure est à l'alternative signifie qu'elle est présentée soit par l'Évêque soit par un autre possesseur du droit de présentation et souvent alternativement — La cure est à l'ordinaire signifie qu'elle est présentée par l'Évêque — Subdélégation désigne un lieu possédant un pouvoir délégué par une autorité — Ressort de ou ressortir de signifie dépendre de — Une trève est une succursale de paroisse — 1 lieue (lieue tarifaire de 2400 toises) correspond à environ 4677 de nos mêtres — 1 livre (poids) correspond à environ 490 de nos grammes — 1 millier (poids) correspond à environ 490 de nos kilogrammes — La basse-Justice traite des infractions mineures et des affaires concernant les droits dus au seigneur — La moyenne-Justice traite des infractions pouvant entrainer des amendes ou peines de prison conséquentes, mais pas la peine de mort — La haute-Justice traite des infractions les plus graves où la peine de mort peut être prononcée — L'orthographe de la fin du 18ème siècle est respectée.

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